Espèces végétales exotiques envahissantes

Hydrocotyle ranunculoides L.f., 1782
Nom(s) vernaculaire(s)Hydrocotyle fausse renoncule, Hydrocotyle à feuilles de Renoncule
FamilleAraliaceae
OrigineAmérique du nord
Date d’introduction1987
Statut PACAPrévention
Statut domaine méditerranéenPrévention
Statut domaine alpinPrévention
Carte de répartition (par maille de 10*10km)

Description

  • Port : plante herbacée amphibie vivace, stolonifère.

  • Feuilles : flottantes ou dressées, presque rondes ou en forme de rein, de 2 à 8 cm de diamètre, aux bords lobés-crénelés. Base profondément échancrée jusqu'au pétiole. Longs pétioles charnus de atteignant 35 cm.

  • Tige : rampante ou flottante, glabre, s'enracinant au noeuds (tous les 4 à 12 cm environ).

  • Fleurs : petites et blanches, groupées en ombelles de 5 à 10 fleurs, les pédicelles sont plus courts que le pétiole des feuilles. Floraison de juin à octobre.

  • Fruits : diakènes, arrondis et plats, de couleur brune, longs de 1 à 3 mm.

  • Taille : de 10 à 35 cm.

  • Confusion possible : avec Hydrocotyle vulgaris, indigène, qui se distingue par des feuilles plus petites et plus rondes, fixées au pétiole au centre du limbe et aux pétioles courts et grêles (1 mm). Au stade végétatif, elle peut également être confondue avec des renoncules aquatiques (Ranunculus aquatilis, R. peltatus, R. hederaceus...), qui se distinguent néanmoins par leurs feuilles toutes flottantes (certaines sont émergées chez Hydrocotyle ranunculoides), plus petites et plus découpées.



Biologie et écologie
Milieux : eaux courantes ou stagnantes ; berges et ripisylves.

Reproduction sexuée et végétative.
Dissémination des graines par : hydrochorie.
Multiplication végétative par : bouturage.

En Europe, la reproduction sexuée semble possible, toutefois, la production de graines viables n'a pour l'instant jamais été observée. L'hydrocotyle fausse-renoncule se reproduit principalement par fragmentation des tiges. Ces fragments sont facilement dispersés par des activités humaines telles que les vidanges d'aquariums, la circulation des bateaux et véhicules utilisés pour entretenir les cours d'eau, ou l'arrachage sans précaution. Les crues et les oiseaux d'eau participeraient aussi à la propagation de la plante.



Impacts et aspects positifs

D'après la bibliographie : L'hydrocotyle fausse-renoncule forme des tapis denses à la surface de l'eau, privant le milieu de lumière, ce qui exclut les espèces submergées. Elle entre en compétition et remplace les espèces végétales indigènes dans de nombreux cas. Les tapis diminuent également les échanges gazeux avec l'atmosphère (diminution de l'oxygène dissous, eutrophisation), ce qui peut entraîner la mort de nombreuses espèces indigènes, notamment les poissons. Ses populations accélèrent la sédimentation des matières organiques et réduisent l'écoulement des cours d'eau.


D'après la bibliographie : L'hydrocotyle fausse-renoncule présente un risque d'obstruction des cours d'eau entraînant des inondations. Elle peut entraîner des démangeaisons par contact direct sur la peau.


D'après la bibliographie : L'hydrocotyle fausse-renoncule peut rendre impossible la pratique des activités nautiques et de pêche par obstruction des cours d'eau et du fait de l'absence de poissons. Le bétail peut manger cette plante mais elle entraînerait des problèmes de gonflement chez les vaches. Ayant un aspect dense à la surface de l'eau, des vaches voulant les manger se seraient noyées.


D'après la bibliographie : Cette espèce peut être utilisée en phytoremédiation, du fait de sa capacité à accumuler les métaux lourds et le phosphore.



Gestion

Carte des actions réalisées sur 'Hydrocotyle ranunculoides L.f., 1782'
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Ne pas rejeter dans la nature. La vente et la possession d'hydrocotyle fausse-renoncule est déjà interdite dans plusieurs pays d'Europe (Pays-Bas, Royaume-Uni, Suisse, Irlande...).

Un arrachage manuel seul peut être réalisé pour de petites infestations. Il nécessite l'utilisation d'une barque, de waders, de seaux et sacs poubelles ainsi que de gants en néoprène pour éviter de possibles démengeaisons. Les plantes sont arrachées puis déposées dans des sacs poubelles ou seaux disposés dans la barque.


L'arrachage mécanique est possible grâce à une pelle mécanique avec un panier faucardeur adapté pour arracher les herbiers d'Hydrocotyle ranunculoides. Il nécessite la pose de barrages filtrants composés de grillages sur les exutoires pour contenir les populations et protéger le réseau hydrographique en aval. L'entretien des grilles est indipensable de 1 à 2 fois par semaine.

L'arrachage mécanique seul ne permet pas d'éradiquer l'espèce : après l'intervention d'une pelle mécanique, il est nécessaire de réaliser des chantiers de ramassage manuel des boutures. L'arrachage mécanique doit être effectué au printemps, puis l'arrachage manuel des repousses doit être poursuivi régulièrement jusqu'à l'automne.

Dans les plans d'eau vidangeables, et dans les régions à hivers froids, il est possible de réaliser un assec hivernal, ce qui expose les plantes au gel. Cela peut être associé à un curage du fond du plan d'eau pour retirer le matériel végétal.

Ces techniques ne sont cependant pas sélectives et auront un impact sur les autres végétaux présents ainsi que sur les invertébrés.

Dans certains cours d'eau, l'accélération du courant ou le recalibrage des rives pour rendre l'ancrage impossible permet d'éliminer la plante localement. Cependant, ces modifications peuvent accélérer la dissémination vers l'aval, et induisent un changement des conditions écologiques qui peut être néfaste pour l'écosystème.


Des traitements chimiques ont été réalisés en Grande-Bretagne dans les années 1990, et le 2,4D-amine semble plus performant que le glyphosate. Cependant, en Europe, l’utilisation d’herbicides est interdite à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage depuis 2009. De plus, le 2,4D-amine est interdit à la vente en France depuis 1992. Les traitements chimiques sont donc à proscrire pour cette espèce.


En Argentine, un charançon (Listronotus elonatus) peut l'endommager : des recherches sont en cours, mais cet insecte n'a pas été relaché en Europe à ce jour.

Le ragondin (Myoscastor coypuspeut manger cette plante, ainsi que le bétail, mais cela n'empêche pas l'installation de la plante et peut participer à sa dispersion.

Un fort ombrage apporté par des arbres ou des peuplements très denses d'hélophytes pourrait ralentir son expansion.


L’utilisation d’herbicides est interdite en milieux aquatiques et à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage à cause des effets induits sur les écosystèmes aquatiques et sur la santé humaine. Depuis 2009 il n'existe plus aucun produit phytosanitaire homologué pour les milieux aquatiques.

Le gyrobroyage favorise la dispersion de la plante.

L'arrachage mécanique ponctuel en période de croissance maximale (été), ou sans utiliser de protections (filets, ramassage des boutures...) favorise la dispersion.


L'ensemble des déchets et fragments doivent être récupérés et bien séchés, loin de l'eau ou d'un milieu humide, puis transportés à la déchetterie, ou enfouis dans des tranchées, ou encore être utilisés comme engrais vert.


Poser des barrages composés de casiers grillagés en aval du chantier pour éviter que les fragments de plante ne se répandent. Les plantes doivent être ramassées et séchées loin du cours d’eau sur un sol sec, et les machines doivent être débarrassées de tous résidus.

Les traitements chimiques sont inappropriés dans des sites naturels protégés ou près des cours d'eau. Il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation des produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/


En 2007 aux Pays-Bas, la lutte contre l'hydrocotyle fausse-renoncule a coûté plus de 2 millions d'euros. Dans les Flandres, le coût de la lutte contre cette espèce a été estimé à 1,5 millions d'euros par an (pour une durée de 3 ans de 2009 à 2011).



Sources bibliographiques

Concept.Cours.d'EAU SCOP et TEREO, 2016. Savoirs et savoir-faire sur les populations exotiques envahissantes végétales et animales et préconisations pour la mise en oeuvre des SDAGE. Etude réalisée pour le compte de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée et Corse. Tome 2, volume 4. 196 p.

Delbart E. & Monty A. 2012. Plantes invasives aquatiques en Wallonie : Comment les gérer ? - Cas des plantes amphibies - Université de Liège - Gembloux Agro-Bio Tech - Unité Biodiversité et Paysage. 28 p.

Dortel, F., Lacroix, P. & Magnanon., S. 2011. Plan de lutte contre l'Hydrocotyle fausse-renoncule (Hydrocotyle ranunculoides L.f.) en Région Pays de la Loire. Conservatoire botanique national de Brest. 85 p.

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Fried, G. 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p.

Haury, J., Hudin, S., Matrat, R., Anras, L. et al., 2010. Manuel de gestion des plantes exotiques envahissant les milieux aquatiques et les berges du bassin Loire-Bretagne. Fédération des conservatoires d'espaces naturels, 136 p.

Hussner, A., Denys, L. & van Valkenburg, J. 2012. NOBANIS – Invasive Alien Species Fact Sheet – Hydrocotyle ranunculoides. Online Database of the European Network on Invasive Alien Species. 13 p.

Invabio, 2010. Hydrocotyle ranunculoides (L.f., 1782) l’Hydrocotyle fausse‐renoncule. 3 p. [En ligne] http://www.invabio.fr/ (Page consultée le 13 mai 2016).

Levy, V. (coord.), Watterlot, W., Buchet, J., Toussaint, B. & Hauguel J.-C., 2015. Plantes exotiques envahissantes du Nord-Ouest de la France : 30 fiches de reconnaissance et d’aide à la gestion. Centre régional de phytosociologie agréé Conservatoire botanique national de Bailleul, Bailleul. 140 p.

Robert, H., Lafontaine, R.-M., Beudels-Jamar, R.C. & Delsinne, T. 2013. Risk analysis of the Water Pennywort Hydrocotyle ranunculoides (L.F., 1781). Risk analysis report of non-native organisms in Belgium from the Royal Belgian Institute of Natural Sciences for the Federal Public Service Health, Food chain safety and Environment. 59 p.

Sarat, E., Mazaubert, E., Dutartre, A., Poulet, N. & Soubeyran, Y. 2015. Les espèces exotiques envahissantes dans les milieux aquatiques : connaissances pratiques et expériences de gestion. Volume 2 - Expériences de gestion. Onema, Collection Comprendre pour agir, 240 p.



Photos

Dernière modification le 11/10/2016