Espèces végétales exotiques envahissantes

Lemna minuta Kunth, 1816
Nom(s) vernaculaire(s)Lentille d'eau minuscule
FamilleAraceae
OrigineAmérique du sud
Date d’introduction1965
Statut PACAEmergente
Statut LREmergente
Statut domaine méditerranéenEmergente
Statut domaine alpinPrévention

Arnoux Jean-Claude - (Cliquer pour zoomer)
Carte de répartition (par maille de 10*10km)

Description

  • Port : petite plante aquatique (hydrophyte) pérenne flottant librement, elle a l'aspect d'une petite lame verte (fronde) formant des tapis à la surface de l’eau.

  • Feuille : une fronde ovale, étroite, flottante, de 1 à 3 mm de largeur. Opaque, elle possède une seule nervure visible bien marquée qui s’arrête aux ¾, lui conférant une forme de toit.

  • Fleur : l'inflorescence rudimentaire est composée d'une fleur femelle formée d’un seul pistil et d'une à 2 fleurs mâles formées d'une à 2 étamines libres entre elles. La floraison a lieu de juin à septembre, mais elle n'est pratiquement jamais observée en dehors de son aire d'origine.
  • Taille : de 1 à 3 mm de largeur.

  • Racine : une racine unique pour chaque fronde.

  • Confusions possibles : avec les autres lentilles d'eau. Le genre Lemna possède une seule racine par fronde. Lemna trisulca possède une fronde lancéolée, rétrécie en pétiole et souvent submergée. Lemna gibba a une fronde ovale sans pétiole, dont la face inférieure est renflée et spongieuse. Lemna minor, plus grande que Lemna minuta, a une fronde large à 3-5 nervures peu visibles, dont la face supérieure est plate.



Biologie et écologie
Milieux : eaux courantes ou stagnantes.

Reproduction végétative.
Dissémination des graines par : autochorie ; anémochorie ; hydrochorie ; zoochorie.
Multiplication végétative par : à partir d'un fragment d'un organe spécialisé.

La lentille d'eau minuscule fleurit rarement dans son aire d'introduction : la reproduction est presque exclusivement végétative, par bourgeonnement latéral. La dispersion se fait par le courant, les animaux (oiseaux) et parfois par le vent.



Impacts et aspects positifs

D'après la bibliographie : La lentille d'eau minuscule montre une croissance exponentielle et donc une grande productivité de biomasse. Les tapis denses de plusieurs centimètres d'épaisseur peuvent provoquer des cas d'anoxie en empêchant les échanges gazeux entre l'air et l'eau et en filtrant le passage de la lumière. Ils peuvent entraîner la disparition de la faune et la flore aquatiques indigènes.


D'après la bibliographie : Cette espèce limite fortement les potentialités de pêche et créé une gène physique pour les activités de baignade et de navigation.


D'après la bibliographie : Du fait de leurs similitudes morphologiques et écologiques, il est fort probable que cette espèce ait les mêmes impacts positifs que les espèces indigènes, mais peu d’études ont été menées à ce sujet pour l’instant.



Gestion

Carte des actions réalisées sur 'Lemna minuta Kunth, 1816'
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Éviter de l'introduire dans les milieux naturels.
Lemna minuta semble favorisée par la pollution.

Aucune méthode efficace existe.
Cependant, on peut contrôler la population à l'aide de madriers (planche épaisse), de filets, ou de barrages flottants. Le stockage se fait dans des remorques agricoles ou des trémies à facilité d'égouttage.


Un moissonnage des tapis de lentilles d'eau peut être réalisé.


La lentille d'eau minuscule semble sensible aux herbicides contenant du glyophosate ou du terbutyne. Cependant, en France, aucun traitement chimique ne doit être effectué dans un milieu humide.


Le contrôle biologique par les oiseaux (oies, cygnes et canards) a été testé  avec une densité de 5 à 8 individus par hectare pour avoir une action préventive. Cependant, ils troublent la végétation, enrichissent le milieu par leurs excréments et nécessitent d’être sédentarisés.

La lentille d'eau minuscule est consommée par les poissons de la famille des Cyprinidés, ainsi que par les canards colverts et chipeaux.


L’utilisation d’herbicides est interdite en milieux aquatiques et à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage à cause des effets induits sur les écosystèmes aquatiques et sur la santé humaine. Depuis 2009 il n'existe plus aucun produit phytosanitaire homologué pour les milieux aquatique.


Tous les rémanents doivent être évacués avec précaution.


Les engins et outils doivent faire l'objet d'un nettoyage minutieux avant de traiter la zone pour ne pas importer de nouvelles graines d'espèces exotiques envahissantes et après les travaux pour ne pas les introduire vers d'autres lieux lors de futurs travaux.


En ce qui concerne le devenir des plantes récoltées, l’épandage agricole semble être la meilleure solution.


Il faut prendre des précautions lors du transports pour éviter toute dispersion.
Pour l'épandage sur les champs, ceux-ci doivent être éloignés de tout point d'eau.
L. minuta a une meilleure résistance au froid que L. minor.



Sources bibliographiques

ARPE & CBNMed, 2009. Plantes Envahissantes - Guide d'identification des principales espèces aquatiques et de berges en Provence et Languedoc. Agence régionale pour l'environnement PACA. 112 p.

Ceschin S., Della Bella V., Piccari F. & Abati S. 2016. Colonization dynamics of the alien macrophyte Lemna minuta Kunth: a case study from a semi-natural pond in Appia Antica Regional Park (Rome, Italy). Fundam. Appl. Limnol., 188: 93-101.

Coughlan N.E., Kelly T.C. &  Jansen M.A.K. 2014. Mallard duck (Anas platyrhynchos)-mediated dispersal of Lemnaceae: a contributing factor in the spread of invasive Lemna minuta? Plant biology, 17: 108-114.

Fried G. 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris, 272pp.  

Godin, J. 2001, Action et utilisation de la végétation littorale et benthique. Université des Sciences et Technologie de Lille.

Invabio, 2010. Lemna minuta (Kunth, 1816) la Lentille d’eau minuscule. 3 p. [En ligne] http://www.invabio.fr/ (Page consultée le 13 mai 2016).

Muller, S. (coord). 2004. Plantes invasives en France: état des connaissances et propositions d'actions. Collections Patrimoines Naturels (Vol. 62), Publications Scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle, Paris. 168 p.

Pieret N., Delbart E. & Mahy G. 2010. Fiches descriptives des principales espèces de plantes invasives en zones humides - La lentille d’eau minuscule – Lemna minuta Humb., Bonpl. et Kunth. Laboratoire d’Ecologie FUSAGx, Cellule d’appui à la gestion des plantes invasives, Gembloux, Belgique. 4 p.

Zambettakis C. Lentille d’eau minuscule. Conservatoire botanique national de Brest. 4 p. [En ligne] http://www.cbnbrest.fr/site/pdf/Lentilles.pdf (Page consultée le 6 octobre 2016).



Photos

Dernière modification le 12/06/2017