Espèces végétales exotiques envahissantes

Azolla filiculoides Lam., 1783
Nom(s) vernaculaire(s)Azolla fausse-fougère, Fougère d'eau
FamilleSalviniaceae
OrigineAmérique du nord
Date d’introduction1880
Statut PACAModérée
Statut LREmergente
Statut domaine méditerranéenModérée
Statut domaine alpinAbsente

Andrieu Frédéric - 02/04/2002 (Cliquer pour zoomer)
Carte de répartition (par maille de 10*10km)

Description

  • Port : petite fougère aquatique flottante, annuelle voire vivace, formant des tapis denses à la surface de l'eau, de couleur vert bleuté à rougeâtre, ou rouge lie-de-vin lorsqu'elle est exposé à un fort ensoleillement ou en hiver.
  • Feuilles : frondes alternes, petites, imbriquées les unes sur les autres en recouvrant la tige comme des écailles. Longues de 0,5 à 1,5 mm.

  • Tige : axes courts et ramifiés.

  • Reproduction : les spores sont émises entre mars et août. Fructification globuleuse de 1 à 2 mm, située sous le lobe inférieur de la première feuille de chaque rameau.

  • Taille : 1 à 5 cm.

  • Confusion possible : avec Azolla mexicana, absente de France. Par observation microscopique elle se distingue par les poils du lobe supérieur des feuilles contenant 2 cellules ou plus, alors que A. filiculoides n'a qu'une seule cellule.



Biologie et écologie
Milieux : eaux courantes ou stagnantes.

Reproduction végétative.
Multiplication végétative par : bouturage.

L'azolla fausse-fougère est une plante monoïque à sporulation automnale. La reproduction sexuée est rare, elle se reproduit principalement par voie végétative à partir de la fragmentation des tiges. Ces fragments sont ensuite disséminés par l'eau, par les animaux (oiseaux d'eau mais aussi petits mammifères, amphibiens et bétail) et par l'homme (nettoyage d'aquariums, activités nautiques...).



Impacts et aspects positifs

D'après la bibliographie : L'azolla fausse-fougère forme des peuplements denses qui appauvrissent la faune et la flore aquatiques. Les tapis réduisent l'intensité lumineuse, ce qui empêche la photosynthèse des plantes submergées et provoque leur élimination. Cette espèce bloque des échanges gazeux (anoxie), limite le réchauffement de l'eau et favorise l'accumulation de matière organique (eutrophisation). L'anoxie des plans d'eau peut provoquer des mortalités importantes des poissons et d'autres espèces animales.


D'après la bibliographie : L'azolla fausse-fougère induit une baisse de la qualité de l'eau potable en Afrique du sud.


D'après la bibliographie : L'azolla fausse-fougère peut colmater les ouvrages hydrauliques, obstruer les pompes d'irrigation et gêner l'écoulement de l'eau, la navigation, la pêche et la baignade. L'anoxie peut provoquer d'importantes mortalités de poissons pouvant entraver la production piscicole et la pêche. Les tapis étant semblables aux pâturages, elle peut provoquer la chute du bétail dans l'eau. Enfin, elle réduit la qualité de l'eau pour la riziculture.


D'après la bibliographie : Plusieurs usages de l'azolla fausse-fougère sont répertoriés, mais non référencés en France : - vivant en association avec une cyanobactérie Anabaena azollae, qui l'aide à fixer son azote, elle peut être utilisée comme engrais vert (notamment dans les rizières) ; - aliment pour le bétail, les volailles et surtout les poissons ; - traitement des effluents des teintures textiles, des métaux lourds et des eaux riches en nutriments ; - production de biogaz ; - contrôle des populations de moustiques dans certains pays.



Gestion

Carte des actions réalisées sur 'Azolla filiculoides Lam., 1783'
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Éviter de l'introduire dans le milieu naturel.

La lutte peut être réalisée en prélevant le tapis manuellement à l’aide de filets. Toutefois, des mesures doivent être prises pour limiter la dispersion des fragments. La plante a en effet un rythme de croissance très rapide, la surface peut doubler en moins de 7 jours (Lumpkin & Plucknett, 1982). Cette technique est donc très délicate et au vue de la difficulté du travail, la technique n’est préconisée que pour les populations de faible superficie (FCBN, 2012).


L'azolla fausse-fougère est difficile à contrôler mécaniquement du fait de sa petite taille.


 


En 1997, le coléoptère Stenopelmus rufinasus Gyllenhal (Curculionidae) importé de la Floride, USA, a été introduit comme agent de lutte biologique contre l’azolla fausse-fougère en Afrique du Sud. Cinq ans après l’introduction du coléoptère, la plante ne constitue plus une menace pour les systèmes aquatiques de ce pays. En comparaison avec les autres programmes de lutte biologique d’espèces aquatiques invasive, ce programme fait parti des plus réussis dans le monde entier (Hill, 1998; Hill & Cilliers, 1999; McConnachie et al., 2004; Gassmann et al., 2006). Cette espèce a été introduite accidentellement en France et est présente dans la région méditerranéenne.

Des recherches ont actuellement lieu en Iran concernant la pyrale Diasemiopsis ramburialis (Duponchel) (Lepidoptera, Pyralidae s. l., Spilomelinae) comme moyen de lutte biologique contre l'azolla fausse-fougère (Farahpour-Haghani et al., 2016).


L’utilisation d’herbicides est interdite en milieux aquatiques et à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage à cause des effets induits sur les écosystèmes aquatiques et sur la santé humaine. Depuis 2009 il n'existe plus aucun produit phytosanitaire homologué pour les milieux aquatiques.

Le contrôle par la carpe chinoise (Ctenopharingodon idella) est à proscrire : il est interdit d’introduire cette espèce en milieu naturel.


Dans de nombreux pays (notamment asiatiques), l'azolla fausse-fougère est utilisée comme engrais car elle contient beaucoup d’azote (entre 2 et 6 % du poids sec de la plante).


Les traitements chimiques sont inappropriés dans des sites naturels protégés ou près des cours d'eau. Il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation des produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/


Seule une renaturation du milieu (notamment par l’accélération des vitesses de courant) rendrait la lutte efficace et durable.

Espèce soumise à règlementation agricole : arrêté du 13 juillet 2010 relatif aux règles de bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE).



Sources bibliographiques

ARPE & CBNMed, 2009. Plantes Envahissantes - Guide d'identification des principales espèces aquatiques et de berges en Provence et Languedoc. Agence régionale pour l'environnement PACA. 112 p.

CEH, 2004. Information Sheet 22: Azolla filiculoides Water fern. Centre for Aquatic Plant Management, Centre for Ecology & Hydrology, Crowmarsh Gifford, Wallingford, Oxon, 2 p.

Farahpour-Haghani, A., Jalaeian, M. & Landry, B. 2016. Diasemiopsis ramburialis (Duponchel) (Lepidoptera, Pyralidae s. l., Spilomelinae) in Iran: first record for the country and first host plant report on water fern (Azolla filiculoides Lam., Azollaceae). Nota Lepi. 39: 1–11.

FCBN, 2012. Azolla filiculoides Lam. Fédération des Conservatoires Botanique Nationaux. 5 p.

Fried, G. 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p.

Gassmann A., Cock M.J.W., Shaw R. & Evan H.C. 2006. The potential for biological control of invasive alien aquatic weeds in Europe: a review. Hydrobiologia, 570: 217-222.

Hill M.P. 1998. Life history and laboratory host range of Stenopelmus rufinasus, a natural enemy for Azolla filiculoides in South Africa. BioControl, 43: 215-224.

Hill M.P. & Cilliers C.J. 1999. Azolla filiculoides Lamarck (Pteridophyta: Azollaceae), its status in South Africa and control. Hydrobiologia, 415: 203-206.

Invabio, 2010. Azolla filiculoides (Lam., 1783) l'Azolla fausse-fougère. [En ligne] http://www.invabio.fr/ (Page consultée le 31 mai 2016).

McConnachie A.J., Wit M.P., Hill M.P. & Byrne M.J. 2003. Economic evaluation of the successful biological control of Azolla filiculoides in South Africa. Biological Control, 28: 25-32.

McConnachie A.J., Hill M.P. & Byrne M.J. 2004. Field assessment of a frondfeeding weevil, a successful biological control agent of red waterfern, Azolla filiculoides, in southern Africa. Biological Control, 29: 326-331.

Mouronval, J.B. & Baudouin, S. 2010. Plantes aquatiques de Camargue et de Crau. Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, Paris. 120 p.

Muller, S. (coord) 2004. Plantes invasives en France : état des connaissances et propositions d'actions. Collections Patrimoines Naturels (Vol. 62), Publications Scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle, Paris. 168 p.

Muller, S. 2006. Prolifération spectaculaire d’Azolla filiculoides (Azollaceae, Pteridophyta) dans le canal de Jouy près de Metz (Lorraine, France) à l’automne 2005. Bulletin de la Société des naturalistes luxembourgeois. 107 : 31-38.

Saliou, P. & Henroux, F. 2003. Petit guide de quelques plantes invasives aquatiques et autres du nord de la France. Conservatoire Botanique National de Bailleuil & Centre Régional de Phytosociologie. 28 p.

Zazouli, M.-A., Balarak, D. & Mahdavi, Y. 2013. Effect of Azolla filiculoides on removal of reactive red 198 in aqueous solution. J Adv Environ Health Res. 1: 44-50.

 

 

 



Photos

Dernière modification le 12/06/2017