Espèces végétales exotiques envahissantes

Crassula helmsii (Kirk) Cockayne, 1907
Nom(s) vernaculaire(s)Orpin de Helms, Crassule
FamilleCrassulaceae
OrigineAustralie
Date d’introduction1911 (Angleterre)
Statut PACAPrévention
Statut domaine méditerranéenPrévention
Statut domaine alpinPrévention
Carte de répartition (par maille de 10*10km)

Description

  • Port : plante vivace, grasse, stolonifère, amphibie, formant des tapis denses à la surface de l'eau.

  • Feuilles : opposées, sessiles, succulentes, reliées entre lles par une encolure.

  • Tige : succulente et de couleur verte à rouge surtout au niveau de l'insertion des feuilles, porte des racines à chaque noeud.

  • Fleurs : situées à l'aisselle des feuilles, fleurs solitaires à 4 pétales blancs ou roses, légèrement plus longs que les sépales. Floraison de juin à septembre.

  • Fruits : follicules contenant de 2 à 5 graines chacun. Les graines sont de forme elliptique à ovale, lisses et de 0,5 mm de long.

  • Taille : de 8 à 60 cm (jusqu'à 130 cm dans les milieux favorables).

  • Confusion possible : avec certaines espèces de Callitriche qui se distinguent par des feuilles aux pointes échancrées en forme de clé à molette et du fait qu'elles sont souvent flottantes et plus rarement émergentes de l'eau.



Biologie et écologie
Milieux : eaux courantes ou stagnantes ; berges et ripisylves ; marais, tourbières, tufières.

Reproduction végétative.
Multiplication végétative par : bouturage ; à partir d'un fragment d'un organe spécialisé.

L'orpin de Helms se reproduit de manière végétative grâce à des turions, des stolons, ou par bouturage (un fragment de tige inférieur à 5 mm suffit à former une bouture). La production de graines viables est incertaine en Europe. La propagation des fragments de plante est effectuée par les oiseaux aquatiques, les hélices des bateaux, les activités d'entretien des cours d'eau et les rejets d'aquariums.



Impacts et aspects positifs

D'après la bibliographie : L'orpin de Helms forme des populations denses et monospécifiques, ce qui induit une altération physico-chimique et biotique du milieu aquatique, et diminue l’intensité lumineuse pour les espèces immergées sous-jacentes, entraînant la disparition d'espèces aquatiques indigènes et conduisant à des situations d'anoxie néfastes à la faune aquatique (notamment aux amphibiens).


D'après la bibliographie : L'orpin de Helms forme un tapis végétal en bordure de plans d'eau qui peut se confondre avec un pré, pouvant entraîner un risque de chute des jeunes enfants ou des animaux.


D'après la bibliographie : L'orpin de Helms entraîne l'obstruction des cours d'eau et une réduction de l'écoulement de l'eau dans les plans d'eau, empêchant certaines activités nautiques et les activités de pêche.


D'après la bibliographie : L’usage de l'orpin de Helms comme plante oxygénante et épuratrice a été mentionné dans la littérature. Des conditions anaérobiques ont pourtant été observées en résultat de l’augmentation de la biomasse.



Gestion

Carte des actions réalisées sur 'Crassula helmsii (Kirk) Cockayne, 1907'
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Ne pas rejeter dans la nature.

L'arrachage manuel est possible mais est déconseillé, la plante étant fragile elle produira de nombreux fragments qui s'enracineront plus loin.


Il est possible de retirer à la pelle mécanique les surfaces moyennes en prenant de grandes précautions comme poser des filets en aval pour réccupérer les fragments échappés ou encore prévoir la pose d'un treillis métallique fin (5 mm) pour encadrer la zone. Il est ensuite nécessaire de retirer les fragments restants manuellement et de bien nettoyer les fragments sur les chaussures et les différents équipements. Un long suivi est nécéssaire (tous les 5 à 6 mois pendant une durée de 5 ans) et les opérations doivent être répétées si nécessaire.

La pose de bâches sombres évite la pénétration de la lumière et ainsi empêche le développement de la plante. Un minimum de 10 semaines est nécéssaire pour voir des effets.


L'utilisation d'herbicides a été préconisée par le passé mais elle est aujourd'hui interdite dans les zones humides ou aquatiques.


 


Bien que tolérante à une faible salinité (elle peut envahir des milieux saumâtres) l'orpin de Helms peut être éradiqué par inondation à l'eau salée. Certains précausient une certaine concentration en sel à partir de 8 parts pour mille, d'autres une concentration beaucoup plus importante (30 parts pour mille), qui va également détruire les espèces indigènes. Cette méthode peut être utilisée uniquement en milieux tolérants à des conditions saumâtres (Dean et al., 2013).


L'arrachage manuel et l'arrachage mécanique entrainent la production de nombreuses boutures qui s'enracineront plus loin si aucune précaution n'est prise pour récupérer les fragments arrachés.

L'utilisation de Dyophix, colorant antialgue limitant la pénétration de la lumière et ainsi la croissance des végétaux, ne s'est pas révélé efficace.  La teinture aquatique (aquatic dye) a été utilisée pour supprimer la disponibilité lumineuse afin de limiter l'activité photosynthétique. Ce traitement a permis de diminuer le recouvrement de l'orpin de Helms de 14% mais pas de l'éradiquer, et elle a repoussé au niveau de pré-traitement en moins d'un an (Ewald, 2014).

L’utilisation d’herbicides est interdite en milieux aquatiques et à moins de 5 m d’un cours d’eau ou d’une zone de captage à cause des effets induits sur les écosystèmes aquatiques et sur la santé humaine. Depuis 2009 il n'existe plus aucun produit phytosanitaire homologué pour les milieux aquatiques.

Le contrôle par la carpe chinoise (Ctenopharingodon idella) est à proscrire : il est interdit d’introduire cette espèce en milieu naturel.

Le pâturage (et piétinement) par le bétail : l'orpin de Helms tire bénéfice du pâturage, car cette perturbation semble éliminer les autres espèces compétitives (Dean et al., 2015).

Le traitement par un agent moussant biodégradable chaud (hot foam) a été utilisé dans les mares à sec (la chaleur fait éclater les cellules de la plante et la tue). Ce traitement a permis de diminuer le recouvrement de l'orpin de Helms de 12% mais pas de l'éradiquer, et il a repoussé au niveau de pré-traitement en moins de 5 mois (Ewald, 2014).


Les traitements chimiques sont inappropriés dans des sites naturels protégés ou près des cours d'eau. Il est nécessaire de se tenir au courant de la législation en vigueur en matière d'utilisation des produits phytosanitaires : http://e-phy.agriculture.gouv.fr/

Bien retirer et nettoyer tous les fragments de la plante présents sur les équipements ou les chaussures.



Sources bibliographiques

Dean, C., Day, J., Gozlan, R. E., Green, I., Yates, B. & Diaz, A. 2013. Estimating the minimum salinity level for the control of New Zealand Pygmyweed Crassula helmsii in brackish water habitats. Conservation Evidence. 10: 89-92.

Dean, C., Day, J., Gozlan, R.E. & Diaz, A. 2015. Grazing Vertebrates Promote Invasive Swamp Stonecrop (Crassula helmsii) Abundance. Invasive Plant Science and Management. 8:131–138.

Delbart E. & Monty A. 2012. Plantes invasives aquatiques en Wallonie : Comment les gérer ? - Cas des plantes amphibies - Université de Liège - Gembloux Agro-Bio Tech - Unité Biodiversité et Paysage. 28 p.

Ewald, N.C. 2014. Crassula helmsii in the New Forest. Final report on the status, spread and impact of this non-native invasive plant, and the efficacy of control techniques following a 3-year trial. Prepared on behalf of the New Forest Non-Native Plants Project. Freshwater Habitats Trust, Oxford, 46 p.

FCBN, 2010. Crassula helmsii (Kirk) Cockayne. Fédération des Conservatoires Botaniques Nationaux. 4 p.

Fried, G. 2012. Guide des plantes invasives. Belin, Paris. 272 p.

Invabio, 2010. Crassula helmsii (Kirk) Cockayne, 1907 la Crassule des étangs. [en ligne] http://www.invabio.fr/ (Page consultée le 31 mai 2016).

Pieret, N., Delbart, E. & Mahy, G. 2009. Fiches descriptives des principales espèces de plantes invasives en zones humides : la crassule des étangs – Crassula helmsii (T. Kirk) Cock. Cellule d’appui à la gestion des plantes invasives – Proposition de méthodes de gestion préventives et actives de la problématique des plantes invasives aux abords des cours d’eau non navigables en Région wallonne. Laboratoire d’Ecologie, FUSAGx, Belgique.

Sarat, E., Mazaubert, E., Dutartre, A., Poulet, N. & Soubeyran, Y. 2015. Les espèces exotiques envahissantes dans les milieux aquatiques : connaissances pratiques et expériences de gestion. Volume 2 - Expériences de gestion. Onema, Collection Comprendre pour agir, 240 p.



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Dernière modification le 11/10/2016